Lion : Le lion est le symbole du courage et du pouvoir royal. Les Celtes ont connaissance de son existence dès le IIIe siècle av JC.

 

Loup : Le symbolisme du loup dans le monde celtique (et dans beaucoup d'autres cantons du monde indo-européen) est assez difficile à cerner. L'ancien nom du loup dans les langues celtiques a disparu, remplacé par diverses formes de substitution. On connaît des peuples portant son nom dans l'ensemble du monde indo-européen (Volcae chez les Celtes ; Volsci chez les Osco-ombriens ; Winnili chez les Germains ; Lutices chez les Slaves) mais il est impossible de restituer le terme indo-européen commun à partir des différentes formes répertoriées.

Cet état de fait suppose très vraisemblablement un interdit religieux très ancien lié au loup. La forme du mot celtique a toutefois survécu en Irlandais mais elle a perdu son sens originel : olc/elc signifie désormais "mauvais". Le nom d'Ealcmar - surnom d'Ogme, dieu sombre des irlandais - signifiant "grand envieux" ou "grand méchant" est formé à partir de cette racine. M. Guyonvarc'h en déduit que le loup était certainement le symbole d'Ogme/Ogmios mais qu'il fut remplacé ultérieurement par le chien qui semble être son substitut naturel dans le monde celtique. Dans les légendes, Gilwaethwy et Goéwin, respectivement loup et louve, donnent naissance au louveteau Bleiddwein.

 

Loutre : Le symbolisme de la loutre (irl. doborchu ; gall. dyfrgi ; bret. dourgy, littéralement chien d'eau) est complémentaire de celui du chien. Cuchulainn commence la série de ses exploits en tuant un chien et il les termine, quelques instants avant de mourir, en tuant une loutre d'une pierre de fronde. Elle symbolise alors la fin d'un cycle temporel.

 

Lynx : Le lynx n'existe dans aucune légende celtique mais il est remarquable que son nom soit exactement homonyme, en irlandais, du nom du dieu Lug : lug, génitif loga. Il est donc possible qu'il ait été considéré, à cause de sa vue perçante, comme un symbole ou une image de Lug. Les cordes de harpes étaient en boyau de lynx. Leurs sons étaient considérés comme divins.

 

 

Merle : D'après les légendes, le merle Cilgwri aide le druide Gwrhyr Gwalstawt Ieithoedd à retrouver Mabon.

 

Oie : Qu'il s'agisse du jeu de l'oie ou de légendes accompagnant leur migration, les oies sont liées, comme les grues, au passage et à la transformation. C'est pourquoi on leur attribue des pouvoirs prophétiques ou divinatoires, car elles sont les messagères de l'Autre Monde. C'est le sang d'une oie répandu dans la neige qui provoque l'illumination mystique de Perceval.

Dans la tradition celtique continentale et insulaire , l'oie est un équivalent du cygne, dont la lexicographie ne la distingue pas toujours nettement. Considérée comme une messagère de l'Autre Monde, les Celtes lui attribuent des pouvoirs divinatoires. Elle fait alors l'objet chez les Bretons d'un interdit alimentaire, en même temps que le lièvre et la poule. César, qui rapporte le fait dans le de Bello Gallico (5, 12), ajoute que ces animaux étaient élevés pour le plaisir (voluptatis causa) mais il n'a pas compris pourquoi. Elle est aussi associée à la guerre et garde une place importante dans le folklore.

 

Ours : On retrouve artos, le nom celte de l'ours, dans l'irlandais art, le gallois arth et le breton arzh. Son nom se retrouve également dans celui du souverain mythique Arthur (artoris), ou encore dans l'anthroponyme irl. Mathgen (matugenos né de l'ours). Ainsi Grande et Petite Ourses sont nommées le Char d'Arthur.

Dans les mythes celtes, l'ours, qui représente la force et le pouvoir temporel, est opposé au sanglier qui représente la fonction sacerdotale et le pouvoir spirituel des druides. C'est pourquoi Arthur, dans la légende primitive, est un chasseur-roi, poursuivant obstinément, comme d'autres héros ou rois avant lui, Twrch Trwyth, la laie de l'Autre Monde (une des manifestations de la Grande Déesse) afin de posséder les deux pouvoirs. Cette lutte, qui dure longtemps (neuf jours et neuf nuits), exprime la querelle du Sacerdoce et de l'Empire.

On a même en Gaule une déesse Artio (à Berne, dont le nom est toujours celui de l'ours) qui, symboliquement, marque mieux encore le caractère féminin de la classe guerrière.

Dans les églises romanes, des chapiteaux rappellent l'importance qu'eut jadis l'ours jusque dans les sociétés médiévales (dans l'église Saint-Andoche de Saulieu, le chapiteau dit La Pastorale montre un lion et un ours réunis par deux tiges végétales issues de leur propre gueule, témoignant de leur nature commune, royale et solaire).

L'ours du Septentrion et le lion du Midi sont des forces brutes primordiales, dont les énergies rendent possible la vie terrestre.

 

Oursin : L'oursin fossile qui, d'après Pline, jouissait en Gaule d'une grande popularité, relève du symbolisme général de l'œuf du monde. Pline l'appelle d'ailleurs ovum anguinum ("œuf de serpent"), et il le met en relation directe avec les doctrines druidiques, sans toutefois estimer ces dernières plus que d'assez vagues superstitions : " Il est une espèce d'œuf, oubliée par les Grecs, mais en grand renom dans les Gaules : en été, des serpents innombrables se rassemblent, enlacés et collés les uns aux autres par la bave et l'écume de leur corps ; cela s'appelle œuf de serpent. Les druides disent que cet œuf est projeté en l'air par les sifflements des reptiles et qu'il faut le recevoir dans une saie avant qu'il touche la terre. Le ravisseur doit s'enfuir à cheval, car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'ils en soient empêchés par l'obstacle d'une rivière. On reconnaît cet œuf à ce qu'il flotte contre le courant. Mais comme les mages sont habiles à dissimuler leurs fraudes, ils affirment qu'il faut attendre une certaine lune pour recueillir cet œuf, comme si la volonté humaine pouvait faire coïncider la réunion des serpents avec la date indiquée. J'ai vu cet œuf : il est de la grosseur d'une pomme ronde moyenne et la coque en est cartilagineuse, avec de nombreuses cupules, comme celles des bras des poulpes. Il est célèbre chez les druides. On en loue l'effet merveilleux pour le gain des procès et l'accès auprès des rois ; mais ceci est faux : un chevalier romain du pays des Voconces qui, pendant un procès, en portait un dans son sein, fut mis à mort par le divin Claude, empereur, sans aucune autre raison, à ma connaissance". (Hist. Nat. 29, 52-54).

L'archéologie donne de nombreux exemples d'oursin fossile dont nous citerons les deux plus typiques. L'un est à Saint-Amand (Deux-Sèvres) : au centre d'un tertre qui ne comportait aucun vestige funéraire, on a retrouvé une petite capse formée de six plaques de schiste d'une vingtaine de centimètres de longueur, au centre de laquelle se trouvait un oursin fossile. L'autre est à Barjon (Côte d'Or), sur l'aire de base d'un tertre également dépourvu de vestige funéraire. Il existe de même une correspondance iranienne précise.

Le symbole fondamental de l'oursin est l'œuf du monde ; mais il y a des rapports étroits entre les divers symbolismes de l'œuf, du serpent, de la pierre et de l'arbre et on pourrait ajouter d'autres développements symboliques sur le cœur et la caverne (à cause de la forme du micraster), ou encore la rose-croix et la signification symbolique des œufs de Pâques.

 

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